L'écran crevé


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HOLY MOTORS ***

De Leos Carax.
Holy Motors

Jour après jour, Monsieur Oscar joue à l’acteur lors des différentes rencontres qui jalonnent sa journée. Conduit par Céline, son chauffeur, il roule de l’aube à la nuit dans sa grande limousine blanche et incarne tour à tour un grand patron, une mendiante, un meurtrier, un père de famille ou une créature répugnante. Seul et en complète immersion, il vit complètement chacun de ses rôles, poursuivant inlassablement la beauté du geste. Sans repos, ni maison, Oscar erre dans la vie.

Pour être tout à fait honnête, je n’attendais pas cet Holy Motors avec une impatience particulière. Après avoir vécu une petite expérience loin d’être satisfaisante avec Pola X, j’avais tout juste été intrigué par le segment réalisé par Carax pour Tokyo! (aux côtés de Gondry et Joon-ho Bong), mettant en scène Monsieur Merde. Je me suis donc cru hermétique à ce Carax, cinéaste estampillé « poète maudit ».

Holy Motors

D'un point de vue plastique... c'est fantastique

Mais bien sûr, il y a un « mais »… La vrai bonne surprise avec Holy Motors, c’est son accessibilité. Le film offre au spectateur une succession de tableaux d’une beauté plastique fulgurante, fragments de vies de ce personnage qui déambule entre ses rôles. Si leur signification semble souvent abstraite, chacun d’entre eux fait sens, ne serait-ce que par la vision poétique qui les anime. Tous ces segments sont reliés par Oscar, personnage central porteur du film. Depuis sa limousine (Qui n’est pas sans rappeler celle que Cronenberg a récemment offert a Robert Pattinson dans son adaptation du Cosmopolis de Delillo…) qui l’emmène vers ses « rendez-vous », il prépare ses personnages, comme autant de tiroirs qui jailliraient sans cesse, si bien que l’on ne peut (presque) plus reconnaître l’original.

Pour l’incarner, Denis Lavant livre une performance assez incroyable, d’une rare intensité physique. Véritable « gueule » du cinéma français, il semble autant se donner à chacun de ses onze rôles que le cinéaste et sa caméra numérique (Carax « pactise avec l’ennemi ») donnent à l’acteur. Il est le moteur, sublimé, au cœur du film.

Holy Motors

Monsieur Merde : Dites-le avec des fleurs !

Alors forcément, on pourra reprocher à Holy Motors d’être autocentré, hermétique à celui qui ne voudra pas monter à son bord. De plus, dans la mesure où il s’agit ici d’une déclaration d’amour surréaliste au cinéma, la trame narrative peut paraître un peu poussive, faisant feu de pas grand chose… mais nul doute, la folle poésie des images en séduira plus d’un. Monsieur Merde déchaîné capturant un mannequin, corps animé lors d’une séance d’enregistrement de « motion capture », père de famille fatigué ou intermittent de la vie qui réalise qu’il a raté quelque chose, chaque tableau développe un intérêt qui lui sera propre. Entre les scènes d’introduction et de conclusion horriblement (et drôlement) pessimistes, on retiendra évidemment la rencontre bourrée de nostalgie avec Kylie Minogue, ainsi que la chanson finale Revivre, de Gérard Manset, qui clôt avec panache ce rêve éveillé. Rarement la fatalité aura été d’un telle beauté, et rien que pour cela, il serait dommage de rater la séance…

Holy Motors

Le paradis des limos selon Carax

Drame. France, Allemagne. 1 h 55.

Sortie française : 4 juillet 2012.

Réalisation : Leos Carax.

Scénario : Leos Carax.

Photographie : Caroline Champetier.

Interprètes :

Denis Lavant (Monsieur Oscar),

Edith Scob (Céline),

Eva Mendes (Kay M.),

Kylie Minogue (Eva/Jean)…


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