L'écran crevé


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Liste des articles dans la catégorie Septième Art martial.

THE GRANDMASTER **

De Wong Kar-Wai.THE GRANDMASTER   ** dans 2 étoiles ** grandmaster-affiche-225x300

 

Entre les années 30 et 50 en Chine, vingt-cinq  ans dans la vie d’Ip Man, maître légendaire du kung-fu dit Wing Chun. Succession des maîtres dans les grandes maisons d’arts martiaux, amours contrariées, invasion japonaise, puis guerre civile à Hong Kong… le chemin d’Ip Man et de ses pairs ne sera pas tracé sans violences…

Auréolé de succès avec In the Mood for Love et 2046, Wong Kar-Wai avait ensuite proposé quelques films plus fades (My Blueberry Nights). Très attendu par ses fans autant que par les amateurs d’arts martiaux, sa relecture du « mythe » autour d’Ip Man, dont Bruce Lee fut le plus célèbre disciple, offrira-t-elle le film de « kung-fu contemplatif » tant attendu ?

Plus habitué à filmer des romances, Wong Kar-Wai s’est attelé à un ambitieux projet. Pour The Grandmaster, le tournage fut aussi long et difficile que la bande-annonce belle et alléchante. Visiblement très documenté, le film raconte trois pans de la vie et de l’histoire de ces « maîtres » du kung-fu. Seulement voilà, on est loin d’être pris dans le tourbillon cette histoire autant qu’on le voudrait.

1936, 1940 ou 1950, de ces moments clés passionnants en Chine et à Hong-Kong ne ressortent que quelques saynètes et rencontres, qui peinent à relier les destins des personnages. Problèmes de coupures au montage ou de production dans une version trop courte ? On sent malheureusement que le film à été littéralement tailladé, à tel point que l’on se demande parfois l’intérêt de certains des protagonistes, comme celui que l’on appelle « la Lame » par exemple. Ajoutons à cela que ce n’est pas avec les dialogues remplis d’expressions et proverbes révélant que « le tigre ne quitte pas sa montagne », que le tableau s’éclaire…

grandmaster-photo-200x300 arts martiaux dans Action, muscles et pyrotechnie

Ip Man, prêt pour une petite mise au poing

Bien sûr, en terme de culture, le film apporte un grand dépaysement, quant à l’image, elle est graphique au possible, aidée par une photographie remarquable. Lors de quelques scènes magnifiques et fulgurantes lors desquelles le plaisir est bien là, l’image sensible du cinéaste semble capable de suspendre le temps, souvent lorsque les combattants et les éléments qui les entourent se rencontrent. Dommage finalement que l’on compte si peu de plans larges et autant de gros plans lors des corps-à-corps, qui empêchent de voir l’action dans son entier.

Au cœur du film, Tony Leung campe un Ip Man crédible, mais se fait délicatement voler la vedette par la belle Zhang Ziyi, qui incarne une Gong Er éblouissante. Mais finalement, c’est presque avec surprise que l’on peut affirmer que Donnie Yen et son récent diptyque décomplexé, dans lequel il tenait lui aussi le rôle du maître Wing Chun (la discipline du kung-fu pratiquée par Ip Man), sont loin d’être vaincus. Dans à son film d’action divertissant, le temps filait… car disons le clairement, The Grandmaster est certes beau, mais l’on s’y ennuie souvent.

 

Biopic, arts martiaux. Hong-Kong, Chine, France. 2 h 2.

Date de sortie : 17 avril 2013.

Scénario : Xu Haofeng, Jingzhi Zou, Wong Kar-Wai.

Chorégraphe : Woo-Ping Yuen.

Interprètes :

Tony Leung (Ip Man),

Zhang Ziyi (Gong Er),

Change Chen (La Lame),

Jin Zhang (Ma San)


THE RAID ***

De Gareth Evans.The Raid

A Jakarta, un groupe d’intervention d’élite de la police prend d’assaut l’immeuble -forteresse- du baron local de la drogue. Passé l’effet de surprise, les policiers se retrouvent coincés dans les étages, pris entre deux feux. Les rapports de force s’inversent, et bientôt les rares survivants ne luttent plus que pour leur survie.

Attention, rien à voir ici avec l’Assaut de Julien Leclerc, sorti en 2010. The Raid est une pure fiction, pretexte à mettre en avant les vertus ô combien cinématographiques du pencak silat, un art martial polyvalent où tous les coups et toutes les armes sont permis.

Ici, on oublie le scénario qui ne vaut pas grand chose, ni dans sa préparation (un jeune héros, croyant et futur papa, part en guerre contre les méchants et les corrompus) ni dans ses révélations (deux frères ennemis qui se battent ensemble…). Pourtant, si l’on n’est pas réfractaire au surrégime théâtral du cinéma d’action asiatique, tout cela n’importe guère. Ce qui compte, c’est l’image, le rythme, et l’action.

The Raid

Iko Uwais : plus fort que toute la bande à Stallone.

Le gallois Gareth Evans n’en est pas à son coup d’essai avec ce sport dangereux dont il existe une version dansée. En effet, il a déjà réalisé Merantau, où Iko Uwais explosait l’écran de sa virtuosité martiale. Bien sûr, on pense à Ong-Bak (2004), film thaïlandais de combat « sans trucage numérique » qui révéla Tony Jaa, mais The Raid va plus loin.

Dans ses affrontements chorégraphiés au millimètre (un contre quatre minimum…) et grâce à son ambition de distraction jouissive extrême, cette série B sauvage risque de faire vieillir brutalement plusieurs standards du cinéma d’action. Dans ce huis clos labyrinthique, les courses poursuites sont stylisées et rapellent Tsui Hark ou Johnnie To. Pour l’intention, on passe outre-atlantique (pacifique ?) en convoquant Assaut de Carpenter, ou Piège de Cristal, de McTiernan… du sérieux donc. On apprend quand même au spectateur à tuer quelqu’un avec un néon… c’est pas rien !

The Raid

Les p'tits gars de The Raid sont capables de casser trois pattes à un canard !

Alors bien sûr, les acteurs jouent assez mal, et l’on y croit jamais franchement, mais Iko Uwais et ses copains s’en donnent tellement à coeur joie dans ce jeu de massacre urbain efficace et décomplexé, qu’on a quand même envie d’applaudir. Toute cette bonne volonté ne suffit pas à faire de The Raidun grand film, mais permet d’apprécier comme il se doit cette petite bombe cinématographique.

 

Interdit en salles aux – de 16 ans.

Indonésie, États-Unis. 1 h 41. Action.

Date de sortie : 20 juin.

Réalisation et scénario: Gareth Evans.

Photographie : Matt Flannery.

Musique : Mike Shinoda… 

Interprètes : 

Iko Uwais (Rama),

Joe Taslim (Jaka),

Yayan Ruhian (Mad Dog),

Donny Alamsyah (Andi)…


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