L'écran crevé


  • Accueil
  • > Petites chroniques des horreurs

Archive de la catégorie

Liste des articles dans la catégorie Petites chroniques des horreurs.

THE SECRET ***

De Pascal Laugier.THE SECRET  *** dans 3 étoiles *** 20160816.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

À Cold Rock, petite ville minière ravagée par la misère, il est fréquent que les enfants disparaissent sans laisser de traces. Les gens du coin évoquent la légende du « Tall Man », un ravisseur des bois que personne n’a jamais vraiment vu. Julia Denning, l’infirmière de la ville, va bientôt se retrouver au cœur de cette sordide histoire…

Première incursion outre-Atlantique plutôt intéressante du français Pascal Laugier, the Secret brouille un peu les genres. Le cinéste malin à qui l’on doit Saint-Ange ou le traumatisant Martyrs livre ici un thriller horrifique à retournements de situations, dans une ambiance poisseuse résolument tournée vers l’univers du romancier Stephen King ou de jeux vidéos comme le récent Alan Wake, qui titille fiction policière et paranoïa psychologique.

Le tout ici est de ne pas trop en révéler sur l’histoire, dont l’intérêt est essentiellement basé sur les coups de théâtre découverts au travers des changements de point de vue.

Pour ce qui est de l’ambiance, tout y est, les décors naturels sublimes dans lesquels tombent en ruines la ville et ses habitants, la forêt impénétrable et ses tunnels labyrinthiques, le policier pugnace et taciturne (hommage à Spencer Tracy), ainsi que les autochtones grossiers et souvent repoussants.

20135763.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120612_120029-300x200 enfants dans Petites chroniques des horreurs

The Secret : Jessica Biel dans la confidence.

Parmi eux, on peine tout d’abord à comprendre d’où vient cette petite infirmière qui vient de perdre son médecin de mari. Jessica Biel y est plus convaincante que dans ses récents rôles d’héroïne d’action (Total Recall, L’Agence tous risques…), même si elle a perdu beaucoup de son charme depuis qu’elle possède ses nouvelles lèvres en plastique (ben oui quoi…). Bref, elle habite le rôle avec brio… on réalise ensuite, et par un habile renversement à mi-parcours, que l’on a pas tout vu.

Laugier réussit ainsi son pari. Grâce à une réalisation et une photographie inspirées, le puzzle de the Secret s’emboîte dans une expérience intense où le spectateur cherche à tout savoir. Reste une morale franchement douteuse qui en mettra plus d’un mal à l’aise, laissant le spectateur juger par lui-même. 

 

États-Unis, Canada. Thriller, 1 h 45.

Sortie française : 5 septembre 2012.

Réalisation et scénario : Pascal Laugier.

Photographie : Kamal Derkaoui.

Musique : Todd Bryanton.

Interprètes :

Jessica Biel (Julia Denning),

Stephen McHattie (lieutenant Dodd),

William B. Davis (Chestnut),

Jodelle Ferland (Jenny)…

 


CHRONIQUES DE TCHERNOBYL °

CHRONIQUES DE TCHERNOBYL ° dans 0 étoile (c'est mal) 20148248.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

De Bradley Parker.

Lors d’un voyage en Europe, de jeunes touristes américains en quête de sensations fortes décident d’engager un guide de « touriste extrême ». Ce dernier les emmène donc, malgré les mises en garde, dans la ville fantôme de Pripyat, toute proche de la centrale nucléaire de Tchernobyl, évacuée il y a vingt-cinq ans à la suite de l’explosion du réacteur numéro 4. Après une brève exploration, le petit groupe se retrouve piégé alors que la nuit commence à tomber… et surprise… ils ne sont pas seuls…

Difficile d’être exhaustif si l’on doit faire la liste de tout ce qui ne va pas dans ce film d’horreur qui affiche clairement ses inspirations et sa filiation pour se vendre. Après le succès surprise de Paranormal activity, qui surfait allègrement sur la vague du found-footage, Oren Peli a cru devoir parrainer plusieurs projets dont celui-ci, ré-utilisant vaguement les effets du genre ( caméra portée et action à la première personne pour jouer avec la surprise…). Même si l’on ne peut ici s’empêcher de penser au classique Projet Blair Witch (qui comme Paranormal activity était fait avec trois bout de ficelles et privilégiait l’ambiance), ces Chroniques de Tchernobyl sont à peu près aussi éloignées de ses modèles que ne l’était le récent rec 3 genesis. Si, vraiment, vous tenez à du zombie dégénéré aux radiations nucléaires, (re)voyez donc la Colline a des yeux, qui avait au moins le mérite d’aller jusqu’au bout de son idée.

20107594.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120515_063944-300x168 found footage dans Petites chroniques des horreurs

"Alors, là le script dit qu'on ne remarque pas tout de suite la silhouette derrière nous"

En fait ce film n’atteint pas son objectif car il ne fait absolument pas peur. La première partie (censée mettre en place l’ambiance) est particulièrement ennuyeuse, tandis que la seconde se révèle tout simplement nulle. Le scénario étant cousu de fil blanc, on peut sans peine deviner l’ordre d’élimination des différents protagonistes, jusqu’à un final qui, sans surprise, révèle un horrible complot que l’on cache à la face du monde. Au passage, on aura pris le temps d’utiliser une photo sur laquelle on découvre une présence fanômatique, des chiens affamés, un compteur Geiger qui monte, et un enfant immobile de dos (grand classique) censé mettre très mal à l’aise tout le monde.

Autre erreur, le fait de débuter par une caméra subjective qui sera rapidement abandonnée, jusqu’au visionnage d’un extrait filmé par un des groupes de « survivants » (oui… car évidemment ils se séparent…). On a donc droit a des extraits morcelés récupérant la technique du found-footage, tandis qu’entre les deux la caméra est quasiment tout le temps portée à l’épaule, mais sans être pour autant intra-diégétique. Dans ce cas, autant assumer son choix et ne pas essayer de brasser les façons de filmer, car  en plus de prendre le spectateur pour un crétin, on y perd toute identité… d’autant que la photographie est loin d’être inspirée, malgré de sympathiques décors de ville abandonnée.

20137621.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120613_043936-300x160 horreur

Un paysage vallonné d'un haut intérêt cinématographique...

Pas grand-chose à garder malheureusement, que cela soit dans un scénario à la limite du mauvais-goût, ni chez les comédiens qui ne sont pas plus convaincants qu’ils ne semblent convaincus. Notons tout de même la présence de la-jolie-blonde-qui-quoi-qu’il-arrive-met-en-valeur-son-chemisier-décolleté, dans un rôle de composition (Elle disparaît, ré-apparaît par magie, puis redisparaît tout de suite après…). Pour ce qui est des monstres genre troglodytes de the descent, on ne sait pas vraiment si on évite de trop nous les montrer pour faire genre « film d’horreur qui ne se dévoile pas trop » ou si c’est à cause du maquillage franchement grotesque… En un mot comme en mille : Passez (vite) votre chemin… le found-footage horrifique, il y en a marre, on ne m’y reprendra plus !

Chernobyl Diaries

Interdit en salles aux – de 12 ans.

USA. Epouvante-horreur. 1 h 26.

Sortie française : 11 juillet 2012.

Réalisation :

Bradley Parker.

Scénario :

Oren Peli, Carey Van Dyke,

Shane Van Dyke.

Production :

Oren Peli.

Interprètes :

Devin Kelley (Amanda),

Jonathan Sadowski (Paul),

Olivia Dudley (Natalie),

Jesse McCartney (Chris)…


PROMETHEUS ****

De Ridley Scott.prometheus


Dans un futur pas si lointain, une équipe d’explorateurs découvre des messages laissés par nos probables créateurs. À la recherche de l’origine de l’humanité terrienne, ils s’embarquent pour un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Ce qu’ils vont découvrir là-bas bouleversera leurs destins, et menacera l’humanité toute entière…

Nous sommes nombreux à nous être impatientés et à avoir crié « Alien » pour qu’ils reviennent. Voici donc, près de 33 ans après le volet original où naquit la bestiole, le grand Prometheus, signé par papa Ridley Scott. On accroche donc nos ceintures, et en route vers un espace où l’on ne nous a plus entendu crier depuis bien longtemps.

Tout d’abord, Prometheus est un choc visuel. D’une beauté limpide et crépusculaire, ce long métrage est le premier tourné en 3d par le cinéaste britannique. Si cette 3d est loin d’être sidérale et sidérante, elle a le bon goût de savoir se faire oublier, laissant parler d’elles-même les très belles images au design léché. D’instinct, on pense au nouveau mètre étalon en matière de grand divertissement : Avatar n’est pas bien loin. Les deux films n’ont franchement rien en commun, mais le gigantisme visuel de Scott est assez proche de celui de Cameron.

Prometheus

Niveau visuel, l'équipe de Scott a fait un boulot monstre.

Niveau écriture, on ne peut qu’apprécier le boulot des scénaristes. Bien sûr, après le virage honteux pris par la franchise lors de son croisement avec le prédator, il y avait peu de risque de tomber plus bas… Tout un tas de choses de choses ont étés écrites à propos de ce vrai/faux prequel, mais que le public de la première heure soit rassuré lorsqu’il achètera son billet d’une main fébrile : Alien est bien là, partout autour, derrière et devant, juste derrière la porte… La force scénaristique est justement de ne pas s’être arrêté aux origines d’une rencontre, mais de remonter à la source d’un mythe cinématographique. 

Par là-même, le film choisit un chemin dangereux, osant s’aventurer vers la création de l’humanité sur Terre. Bien sûr on peut ricaner, mais il faut quand même replacer le tout, on est pas devant The Tree of Life là, il s’agit d’un film de science-fiction, du fantastique d’épouvante, doublé d’un film d’action. Deux heures de film… étant sceptique devant cette information, ma grande crainte était d’avoir un joli œuf creux. Au contraire, le scénario est d’une densité surprenante, et l’on sent que l’écriture ne s’est pas arrêtée à ce que devait filmer la caméra. Avec tous les ponts et liens qu’il trace, qui raviront les habitués et qui permettront même aux grands geeks de débattre des heures sur la mythologie de la saga, Prometheus propose ce qui se fait de mieux en termes de divertissement spectaculaire et viscéral. Saluons particulièrement toute sa première partie, qui installe l’ambiance et rassure le spectateur : il ne s’est pas trompé de salle.

Prometheus

La déco est charmante, juste ce qu'il faut de chaleur humaine...

Bien sûr (et je vous déconseille de lire la suite  de cet article si vous ne voulez pas vous gâcher quelques moments clés de la séance), lorsque l’on gratte un peu, on se dit que pas mal de scènes ont du être coupées (Remercions donc le capitaine du vaisseau pour sa sagacité et sa brève explication sur « ce-qui-se-passe-içi-au-cas-où-ça-irait-trop-vite-pour-certains »). De même, si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’est l’écho radar repéré par la balise et qui donne des signes de vie toutes les heures, je l’en remercie grandement ! Quelques petites incohérences indigestes, mais qui n’empêcheront pas de prendre un vrai plaisir à frissonner.

C’est l’essence même de la saga, et l’on (re)découvre que maître Scott, en plus d’être un excellent artisan malgré ses récentes productions ratées, sait filmer l’horreur à merveille. Sans trop en faire, certaines scènes se révèlent rudement efficaces, à l’instar de la césarienne en cabine subie par Noomi Rapace, durant laquelle votre voisin risque de se crisper un peu sur l’accoudoir.

Prometheus

Noomi Rapace... Ripley again ?

Transition toute trouvée donc, puisque l’on parle de l’héroïne qui prend ici la place de l’indestructible Ellen Ripley. Crédible dans son rôle de scientifique obsédée par sa découverte extraordinaire, la comédienne révélée par la trilogie Millénium assure surtout dans le feu de l’action, vulnérable et déterminée à la fois. À ses cotés, la galerie de personnage manque un peu d’épaisseur, et l’on regrettera que le personnage de Charlize Theron (la (f)rigide Meredith Vickers) soit ainsi éliminé après un développement si intéressant. Autre déception, le personnage de Weyland (Guy Pearce !), s’avère passablement raté malgré une importance historique indéniable. Prometheus compensera ces lacunes avec le sympathique Holloway (Logan Marshall-Green… un faux-air de Tom Hardy ?), où bien sûr le robot David (Michael « à la mode » Fassbender), fan de Lawrence D’arabie, qui multiplie les clins d’œils au reste de la saga lorsqu’il marque des paniers à vélo (Alien : la résurrectionet jusque dans son prénom qui respecte l’ordre alphabétique de ses prédécesseurs (Ash, Bishop, Call, David…).

Prometheus

Michael Fassbender : Paranoid androïd.

On pourrait discuter pendant des heures sur les tenants et les aboutissants de Prometheus. Qui sont vraiment nos créateurs, pourquoi avons-nous été créés, est-ce que la planète est la même que celle du 8ème passager ? … Incroyable de se dire que toutes les petites incohérences, plutôt que de décevoir le spectateur, vont l’inciter à se triturer les méninges pour essayer de comprendre. C’est là que l’on peut dire que le film est finalement plutôt réussi. C’est grand, c’est beau… monsieur Scott, on attend la suite !

 

Fantastique, action, horreur. USA. 2 h 3.

Sortie française : 30 mai 2012.

Réalisation :

Ridley Scott.

Scénario :

Damon Lindelof, Jon Spaiths, Ridley Scott.

Photographie :

Darius Wolski.

Musique :

Marc Streitenfeld.

Interprètes :

Noomi Rapace (Elizabeth Shaw),

Michael Fassbender (David),

Charlize Theron (Meredith Vickers),

Logan Marshall-Green (Holloway)…


LA CABANE DANS LES BOIS ***

 

The Cabin in the woods.La cabane dans les bois

États-Unis. Horreur. 1 h 35.

Sortie Française : 2 mai 2012.

Réalisation : 

Drew Goddard.

Scénario :

Joss Whedon, Drew Goddard.

Photographie :

Peter Demming.

Interprètes :

Kristen Connolly (Dana),

Chris Hemsworth (Curt),

Jesse Williams (Holden),

Anna Hutchinson (Jules)…

 

Aux États-Unis, cinq amis d’une vingtaine d’années partent passer le week-end dans une cabane près d’un lac perdue au fond d’une fôret. Ils n’ont encore aucune idée du cauchemar qui les y attend, ni de ce que cache vraiment la cabane dans les bois…

Scénariste de Cloverfield et de plusieurs épisodes de Lost, Drew Goddard signe ici son premier long métrage avec l’aide d’un vétéran, le scénariste et producteur Joss Whedon, créateur de Buffy ou du très récent Avengers. L’idée ? Reprendre les figures imposées pour les retourner, et abuser des clichés pour mieux les décortiquer. Le challenge dans cette histoire était de ne pas perdre son sérieux (on oublie Scary Movie), tout en conservant la dose d’humour requise. C’est donc avec plaisir que l’on retrouve la petite maison perdue d’Evil Dead (Sam Raimi) ou de Suspiria (Dario Argento). On y place cinq jeunes caricaturaux de stéréotypes et vraiment trop beaux pour être honnêtes, avant de les offrir en pâture aux monstres qu’ils provoqueront eux-mêmes.

La cabane dans les bois
Chris Hemsworth : Même pas peur !

 Dans ce jeu de rôle géant, le spectateur (à tous les niveaux) ne peut pas se tromper. L’horreur est bien là, mais c’est pour le plus pur divertissement. Les techniciens de l’horreur qui régissent le scénario de cette petite histoire l’expliquent eux-mêmes : « Il faut satisfaire le public et lui donner ce qu’il veut ! » Et la vraie force est que cela arrive, les cauchemars dirigés s’échappent, et tout se termine en joyeux et sanglant bordel.

L’exercice, quoique malin, est limité, et ne peut pas vraiment faire peur puisqu’il donne à voir l’envers du décor, désamorçant beaucoup de ses surprises. Rien à attendre du côté des acteurs, des dialogues ni même de la mise en scène, néanmoins le temps passe vite, et l’on s’amuse beaucoup à voir l’un des « scénaristes » lâcher «j’aimerais presque qu’elle s’en sorte vivante ! ».

La cabane dans les bois

Encore une qui aurait mieux fait de passer son week end à réviser ses cours...

Au final, malgré les raccourcis, les invraisemblances, et la présence complètement inutile de Sigourney Weaver pour donner du crédit au final apocalyptique, le film remplit son office. Sorte de Truman Show horrifico-gore, la Cabane dans les bois ne vous fera pas prolonger votre week-end, mais vous promet quelques bons moments de tuerie. Amateurs de bon goût…


yerlifilmizle |
bellebabystar11 |
Thewalterblog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | A'bou Hartmann
| Leslapinsdelisa
| Cinedays