L'écran crevé


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CLOUD ATLAS ***

De Lana Wachowski, Tom Tykwer & Andy WachowskiCLOUD ATLAS   *** dans 3 étoiles *** affiche-cloud-atlas-225x300

 

1849 dans le Pacifique Sud, 1936 en Écosse, 1973 à San Francisco, 2012 en Angleterre, 2144 à Néo-Séoul et Hawaï en 2346, cette histoire se déroule sur cinq siècles, dans plusieurs espaces-temps. D’une vie à l’autre, des êtres se croisent, se retrouvent, naissent et renaissent. Leurs destins connectés, passés présents et futurs, les entraînent dans de folles aventures. Et si chacun œuvre avant tout pour lui, chaque choix entraînera des répercussions inimaginables dans un univers où tout est lié.

Voici donc encore un roman réputé inadaptable adapté pour le cinéma. Traduit en français sous le titre Cartographie des Nuages, l’œuvre originale signée de la plume du britannique David Mitchell et publiée chez nous en 2004 a connu un grand succès littéraire. Sur grand écran, ce projet titanesque a été mené à bien par Lana et Andy Wachowski, créateurs de Matrix, et par Tom Tykwer, réalisateur de Cours Lola, cours et d’une autre adaptation, Le Parfum (tirée du roman de Süskind). À l’arrivée, une épopée transgenre difficile à définir, blockbuster boudé aux États-Unis, mais qui propose un moment de cinéma assez inédit.

Six époques pour six histoires, intimement connectées puisque les personnages (et acteurs) « réincarnés » s’y croisent et re-croisent. Connectées, ces histoires le sont également par le biais du montage parallèle, qui propose de les entrelacer et de toutes les faire évoluer ensemble. Le procédé ne date pas d’hier, puisque D.W. Griffith proposait déjà cette idée sur Intolérance, en 1919.

photo-cloud-atlas-300x200 adaptation dans Action, muscles et pyrotechnie

Tom Hanks... sur un nuage ?

Fort de ses références et de son humour vraiment bien senti, Cloud Atlas affiche toutefois quelques défauts gênants. Le surplus de maquillages, prothèses et postiches tout d’abord, qui nuit au jeu des acteurs et semble les empêcher de s’exprimer, dommage pour les acteurs, d’autant plus que la plupart des personnages n’ont finalement que peu de scènes à jouer (Heureusement, Tom Hanks a déjà prouvé qu’il pouvait faire pleurer toute une salle en perdant un ballon de volley…). Mais ce qui chagrine plus c’est que le lien est finalement souvent assez mince entre chaque « destinée » autour de ceux qui portent la tache de naissance en forme de comète. Cela incite à regarder le film non pas dans son entier comme il  le faudrait, mais comme plusieurs histoires, très inégales. À ce jeu, On préférera, de loin, le travail de Tykwer (1936, 1973 et 2012), à celui des Wachowski, qui cherchent avant tout la surenchère visuelle, comme dans l’épisode à Néo-Séoul, lorgnant du côté du 5ème élément et complètement raté si l’on excepte les trouvailles graphiques.

Malgré tout, il serait bien injuste de bouder Cloud Atlas,  qui voit grand, visuellement bien sûr, mais aussi et surtout dans ses méandres et dans sa conception presque mystique d’aborder toutes les grandes questions existentielles sur la nature et la condition humaine. L’amour, la mort, la liberté des individus, le rachat des fautes… tout y est dans ce que l’on peut appeler un « film-monde », épique et bourré de rythme (2h45 sans que l’on s’y ennuie !). Excessif comme l’imagination.

 

Drame, science fiction. États-Unis. 2 h 45

Date de sortie : 13 mars 2013

Scénario : Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski

D’après l’œuvre de David Mitchell

Interprètes :

Tom Hanks,

Halle Berry,

Jim Broadbent,

Hugo Weaving,

Jim Sturgess…


THE DARK KNIGHT RISES ****

 

De Christopher Nolan.THE DARK KNIGHT RISES  **** dans 4 étoiles **** 20158098.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Après s’être sacrifié en s’accusant du meurtre d’Harvey Dent pour « offrir à Gotham City le héros qu’elle mérite  », Batman a disparu dans la nuit. Huit ans ont passé et la paix règne à la surface d’une ville régie à nouveau par les bureaucrates, en partie grâce aux lois répressives de Dent.

L’arrivée d’une voleuse aux intentions obscures ainsi que du mercenaire terroriste masqué Bane vont rallumer un feu plus dangereux que jamais et arracher Batman à son exil. Mais est-il encore de taille à lutter contre le Mal ?

 

Tout a une fin, même les légendes. En achevant sa trilogie avec The Dark Knight Rises, Nolan choisit de raccrocher la cape de son héros avant de lui brûler les ailes. Un geste noble de la part de celui qui a réussi à redonner des couleurs au plus charismatique des super-héros, tout en offrant une nouvelle définition cinématographique des règles du genre.

20092719.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120426_051115-300x212 Bale dans Action, muscles et pyrotechnie

Bruce Wayne et Selina Kyle jouent au chat et à la ....

Difficile de parler de ce dernier épisode qui laisse à la fois sceptique et galvanisé, décu et conquis. Il faut dire qu’avec The Dark Knight en 2008, le cinéaste avait frappé très fort. Aussi, il est possible de parler de ce troisième épisode comme d’un monument sombre, vertigineux et magnifique, qui semble constamment gagner en puissance, ou bien de le comparer avec son aîné… et forcément d’être déçu. Pour de nombreuses raisons, cet opus ne marquera pas autant les esprits, perdant en étrangeté froide et en instinct urbain. Il suffit de comparer les méchants. Tout en nuances, le colosse Bane est un monstre de choix, mais comment oublier le chien fou qu’était le Joker ?

En voulant faire du film un objet « cool », il devient prévisible, ne surprend pas, remplissant « seulement » son cahier des charges et se trouvant là où on l’attend. Avec un épisode plein de noirceur et de fureur, on se rapproche ici beaucoup de Batman : begins, tant au travers de l’ambiance que du scénario qui tisse des liens directs.

20082863.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120417_093909-199x300 Bane dans Fantastique ou surnaturel, les films venus d'ailleurs.

Gary Oldman : un inoubliable commissaire Gordon

C’est beau et épique, peut-être même trop. Toujours adepte de la densité (Inception… ça vous parle ?), Nolan semble avoir voulu remplir son film du maximum de situations exceptionnelles et à ne pas manquer. Mais si le spectacle est grandiose et loin de lasser le spectateur, on ne pourra s’empêcher de retenir ses petits travers, comme ces répliques sentencieuses comme les aime Steven Seagal, ou encore le personnage de Marion Cotillard, qui finalement déçoit beaucoup plus que celui d’Anne Hathaway en Selina Kyle. Même le Blake de Joseph Gordon-Levitt risque de laisser plus d’un spectateur sceptique… Heureusement il y a des piliers sur lesquels on peut compter : Morgan Freeman (Lucius Fox), Michael Caine (Alfred) et Gary Oldman (Jim Gordon) sont en effet bien plus que des personnages secondaires, tout comme la ville de Gotham, magnifique même au bord de l’apocalypse.

Avec plusieurs défauts peu glorieux, beaucoup seront donc déçus, y compris chez les fans de la première heure. Je choisis cependant de défendre le film, pour la saga et l’engouement qu’elle a su (ré)susciter, autant que pour son insertion dans les ambitions et les peurs d’aujourd’hui. Le Batman de Nolan est résolument inscrit dans notre « modernité ». Et même si l’on prenait le film seul sans tenir compte de ses prédecesseurs, qui aujourd’hui, pourrait en proposer autant ? The Dark Knight Rises est un film à voir de toute façon, et n’écorne définitivement pas la trilogie. Tout à une fin, oui, mais difficile de savoir si c’est tant pis ou si c’est tant mieux.

20082864.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120417_093909-300x237 batman dans Un héros super

Batman face à Bane, un chauve qui ne sourit pas.

États-Unis. Action. 2 h 44.

Sortie française : 25 juillet.

Scénario : Christopher et Jonathan Nolan, David S. Goyer.

D’après le personnage de : Bob Kane.

Musique : Hans Zimmer.

Interprètes : 

Christian Bale (Bruce Wayne),

Tom Hardy (Bane)

Anne Hathaway (Selina Kyle),

Marion Cotillard (Miranda),

Gary Oldman (Gordon),

Joseph Gordon-Levitt (Blake),

Morgan Freeman (Lucius Fox),

Michael Caine (Alfred)…


THE AMAZING SPIDER-MAN ***

De Marc Webb.
The Amazing Spider-Man

Très jeune, Peter Parker a été confié à son oncle et sa tante par ses parents qui ne devaient jamais revenir. Aujourd’hui adolescent introverti, il découvre des informations qui pourraient lui en apprendre plus… jusqu’à ce qu’il se fasse piquer par une araignée génétiquement modifiée. La mort de son oncle, la venue d’un lézard géant et sa relation avec sa nouvelle petite amie Gwen Stacy vont chambouler la vie de Parker, devenu Spider-Man.

Pourquoi tourner un reboot de Spider-Man seulement cinq ans après le dernier épisode de la saga de Sam Raimi ? La réponse est simple : pour l’argent, nerf de la guerre, surtout à Hollywood. On a, certes, connu de plus nobles raisons… mais pourquoi ne pas y croire tout de même, en ce nouveau super-héros ?

The Amazing Spider-MAn
Pour l’occasion, Andrew Garfield a mis ses lunettes 3D

Car ce spidey est tout nouveau, la célèbre mythologie a été complètement réinventée, en s’attachant tout de même aux comics de Stan Lee (Même s’il fait dorénavant du skate, Parker fait des recherches sur ses parents, il utilise des cartouches de câble pour sa toile, et c’est bien Gwen Stacy sa dulcinée, et non Mary Jane…). Aux commandes, Marc Webb, réalisateur au nom prédestiné, déjà repéré avec la comédie romantique inversée 500 jours ensemble. Choix surprenant, mais judicieux, car Webb, que l’on sent plus habile dans les tête-à-tête que dans les face-à-face, esquive la surenchère pyrotechnique au profit de personnages vraiment attachants. Grâce à ce parti pris, la 3D, presque discrète pour une production du genre, se révèle plutôt de bon goût, exception faite lors des scènes « à la première personne », qui n’ont pas grand chose à faire là.

Autre point fort, le film s’attache à des détails physiques particulièrement intéressants, tour à tour drôle ou logiques, comme l’apprentissage difficile de ses pouvoirs par Parker. Puisque l’on parle de lui, Andrew Garfield (Boy A, The Social Network) fait complètement oublier  l’insipide Tobey Maguire (désolé pour le fan-club…). Il incarne un Parker combinant la classe, l’humour, et la désinvolture adolescente. Définitivement, le jeune acteur à suivre y est pour beaucoup dans la sympathie de cette relecture, dont on perçoit les nombreuses autres influences dans l’ère du temps. 

The Amazing Spider-Man

C'est Rhys Ifans qui interprète le Dr Connors... "Y-a-pas de lézard ?"

Bien sûr, tout n’est pas amazing dans ce Spider-Man, qui met du temps à développer son côté épique, et qui, sans vouloir insulter James Horner, propose une musique particulièrement criarde et souvent en surrégime. Qu’importe, le pari est réussi. Les 2 h 17 filent à toute allure et le super-héros change donc (déjà) de génération, marquant l’avènement des nouvelles technologies, ainsi que de la noirceur contemporaine empruntée au Batmande Nolan. Cette vision est, de fait, beaucoup plus adulte que celle de Raimi, ici surclassé le temps d’un épisode. La suite au second round ? 

 

États-Unis. Action, fantastique. 2 h 17.

Sortie française : 4 juillet 2012.

Réalisation : Marc Webb.

Scénario :

James Vanderbilt, Alvin Sargent,

Steve Kloves.

D’après la BD de

Stan Lee et Steve Ditko.

Musique : James Horner.

Interprètes :

Andrew Garfield (Peter Parker),

Emma Stone (Gwen Stacy),

Rhys Ifans (Dr Connor)…


PROMETHEUS ****

De Ridley Scott.prometheus


Dans un futur pas si lointain, une équipe d’explorateurs découvre des messages laissés par nos probables créateurs. À la recherche de l’origine de l’humanité terrienne, ils s’embarquent pour un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Ce qu’ils vont découvrir là-bas bouleversera leurs destins, et menacera l’humanité toute entière…

Nous sommes nombreux à nous être impatientés et à avoir crié « Alien » pour qu’ils reviennent. Voici donc, près de 33 ans après le volet original où naquit la bestiole, le grand Prometheus, signé par papa Ridley Scott. On accroche donc nos ceintures, et en route vers un espace où l’on ne nous a plus entendu crier depuis bien longtemps.

Tout d’abord, Prometheus est un choc visuel. D’une beauté limpide et crépusculaire, ce long métrage est le premier tourné en 3d par le cinéaste britannique. Si cette 3d est loin d’être sidérale et sidérante, elle a le bon goût de savoir se faire oublier, laissant parler d’elles-même les très belles images au design léché. D’instinct, on pense au nouveau mètre étalon en matière de grand divertissement : Avatar n’est pas bien loin. Les deux films n’ont franchement rien en commun, mais le gigantisme visuel de Scott est assez proche de celui de Cameron.

Prometheus

Niveau visuel, l'équipe de Scott a fait un boulot monstre.

Niveau écriture, on ne peut qu’apprécier le boulot des scénaristes. Bien sûr, après le virage honteux pris par la franchise lors de son croisement avec le prédator, il y avait peu de risque de tomber plus bas… Tout un tas de choses de choses ont étés écrites à propos de ce vrai/faux prequel, mais que le public de la première heure soit rassuré lorsqu’il achètera son billet d’une main fébrile : Alien est bien là, partout autour, derrière et devant, juste derrière la porte… La force scénaristique est justement de ne pas s’être arrêté aux origines d’une rencontre, mais de remonter à la source d’un mythe cinématographique. 

Par là-même, le film choisit un chemin dangereux, osant s’aventurer vers la création de l’humanité sur Terre. Bien sûr on peut ricaner, mais il faut quand même replacer le tout, on est pas devant The Tree of Life là, il s’agit d’un film de science-fiction, du fantastique d’épouvante, doublé d’un film d’action. Deux heures de film… étant sceptique devant cette information, ma grande crainte était d’avoir un joli œuf creux. Au contraire, le scénario est d’une densité surprenante, et l’on sent que l’écriture ne s’est pas arrêtée à ce que devait filmer la caméra. Avec tous les ponts et liens qu’il trace, qui raviront les habitués et qui permettront même aux grands geeks de débattre des heures sur la mythologie de la saga, Prometheus propose ce qui se fait de mieux en termes de divertissement spectaculaire et viscéral. Saluons particulièrement toute sa première partie, qui installe l’ambiance et rassure le spectateur : il ne s’est pas trompé de salle.

Prometheus

La déco est charmante, juste ce qu'il faut de chaleur humaine...

Bien sûr (et je vous déconseille de lire la suite  de cet article si vous ne voulez pas vous gâcher quelques moments clés de la séance), lorsque l’on gratte un peu, on se dit que pas mal de scènes ont du être coupées (Remercions donc le capitaine du vaisseau pour sa sagacité et sa brève explication sur « ce-qui-se-passe-içi-au-cas-où-ça-irait-trop-vite-pour-certains »). De même, si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’est l’écho radar repéré par la balise et qui donne des signes de vie toutes les heures, je l’en remercie grandement ! Quelques petites incohérences indigestes, mais qui n’empêcheront pas de prendre un vrai plaisir à frissonner.

C’est l’essence même de la saga, et l’on (re)découvre que maître Scott, en plus d’être un excellent artisan malgré ses récentes productions ratées, sait filmer l’horreur à merveille. Sans trop en faire, certaines scènes se révèlent rudement efficaces, à l’instar de la césarienne en cabine subie par Noomi Rapace, durant laquelle votre voisin risque de se crisper un peu sur l’accoudoir.

Prometheus

Noomi Rapace... Ripley again ?

Transition toute trouvée donc, puisque l’on parle de l’héroïne qui prend ici la place de l’indestructible Ellen Ripley. Crédible dans son rôle de scientifique obsédée par sa découverte extraordinaire, la comédienne révélée par la trilogie Millénium assure surtout dans le feu de l’action, vulnérable et déterminée à la fois. À ses cotés, la galerie de personnage manque un peu d’épaisseur, et l’on regrettera que le personnage de Charlize Theron (la (f)rigide Meredith Vickers) soit ainsi éliminé après un développement si intéressant. Autre déception, le personnage de Weyland (Guy Pearce !), s’avère passablement raté malgré une importance historique indéniable. Prometheus compensera ces lacunes avec le sympathique Holloway (Logan Marshall-Green… un faux-air de Tom Hardy ?), où bien sûr le robot David (Michael « à la mode » Fassbender), fan de Lawrence D’arabie, qui multiplie les clins d’œils au reste de la saga lorsqu’il marque des paniers à vélo (Alien : la résurrectionet jusque dans son prénom qui respecte l’ordre alphabétique de ses prédécesseurs (Ash, Bishop, Call, David…).

Prometheus

Michael Fassbender : Paranoid androïd.

On pourrait discuter pendant des heures sur les tenants et les aboutissants de Prometheus. Qui sont vraiment nos créateurs, pourquoi avons-nous été créés, est-ce que la planète est la même que celle du 8ème passager ? … Incroyable de se dire que toutes les petites incohérences, plutôt que de décevoir le spectateur, vont l’inciter à se triturer les méninges pour essayer de comprendre. C’est là que l’on peut dire que le film est finalement plutôt réussi. C’est grand, c’est beau… monsieur Scott, on attend la suite !

 

Fantastique, action, horreur. USA. 2 h 3.

Sortie française : 30 mai 2012.

Réalisation :

Ridley Scott.

Scénario :

Damon Lindelof, Jon Spaiths, Ridley Scott.

Photographie :

Darius Wolski.

Musique :

Marc Streitenfeld.

Interprètes :

Noomi Rapace (Elizabeth Shaw),

Michael Fassbender (David),

Charlize Theron (Meredith Vickers),

Logan Marshall-Green (Holloway)…


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