L'écran crevé


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Liste des articles dans la catégorie Espions et espionnage.

SHADOW DANCER **

De James MarshSHADOW DANCER   ** dans 2 étoiles ** 20400605.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

Collette McVeigh est une jeune veuve vivant à Belfast avec sa mère et ses frères, tous de fervents activistes de l’Armée Républicaine Irlandaise, lIRA. Après un attentat avorté dans le métro londonien, Collette est arrêtée par le MI5. Mac, un agent secret, lui offre alors un choix en forme de dilemme : passer 25 années en prison, loin de son fils, qu’elle aime plus que tout au monde, ou espionner sa propre famille pour le compte des services secrets britanniques. La jeune femme décide de faire confiance à Mac, et retourne parmi les siens…

Connu pour ses documentaires, James Marsh adapte ici de la manière la plus réaliste possible cette fiction tirée de l’histoire du romancier Tom Bradby, qui fut journaliste pour la télévision britannique en Irlande du Nord dans les années 90. Il est à ce titre peu surprenant que Shadow Dancer apparaisse si dense et documenté, à la fois crédible et loin de la surenchère hollywoodienne, mais également et malheureusement sans grands coups d’éclat.

L’ouverture avec l’attentat raté, auquel s’enchaîne une fascinante course-poursuite à moitié au ralenti, et qui s’achèvera par une très belle scène d’interrogatoire, laissait présager le meilleur, notamment grâce à la performance magnétique d’Andrea Riseborough qui irradie l’écran malgré un visage toujours fermé. Au travers de cette plongée au cœur de la crise Irlandaise, on observe avec intérêt les atmosphères aussi troubles que les sentiments des protagonistes. Malheureusement, c’est aussi ce que la caméra de Marsh offrira de plus intéressant.

En effet, le cinéaste semble ici se concentrer sur la véracité de sa reconstitution historique, sur l’élégance de ces scènes aux tons gris où le cieux irlandais semblent prêt à se déchirer, mais oublie un peu ses personnages. La majorité d’entre eux semble tellement chercher à se renfermer qu’il devient difficile -voire impossible- de comprendre leurs motivations ou leurs choix. Bien sur, le rythme léthargique n’aide pas ce thriller politique à être plus digeste.

20278855.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x125 Andrea Riseborough dans De la littérature au cinéma

Andrea Riseborough : le droit à un coup de fil ?

Reste la relation entre les deux personnages principaux. Lui veille sur sa sécurité, tandis qu’elle trahit tout son entourage pour tenter de protéger son fils, si bien qu’à un moment donné, tous deux semblent incarner l’un pour l’autre le seul lien qui les ramène à la réalité. Malheureusement (encore), on peine à croire en Clive Owen dans ce rôle d’agent secret intègre et pugnace. Sa performance assez médiocre déséquilibre le duo qu’il forme avec sa partenaire.

Shadow Dancer mérite que l’on s’y attarde, et possède autant de qualités que de défauts. On y regrettera surtout une certaine platitude. On comprend l’ambition du cinéaste que l’on imagine fervent admirateur d’Animal Kingdom et de the Yards, mais soyons réalistes, n’est pas James Gray qui veut.

 

Drame, policier. 1 h 42.

Irlande, Grande-Bretagne, France.

Scénario : Tom Bradby,

d’après son propre roman.

Photographie: Rob Hardy.

Interprètes :

Clive Owen (Mac),

Andrea Riseborough (Collette),

Gillian Anderson (Kate),

Aidan Gillen (Gerry)…


SKYFALL ****

De Sam MendesSKYFALL  **** dans 4 étoiles **** 20264212.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

Son nom est Bond… James Bond. Mais une fois n’est pas coutume, sa dernière mission tourne mal. 007 est laissé pour mort, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier, et le MI6, attaqué, est obligé de se retrancher dans les sous-sols de Londres. En ces temps de peur, où tout le monde doute de l’autre, l’autorité de « M » est ébranlée, et elle doit se tourner vers son dernier allié de confiance, revenu d’entre les morts. Bond se lance alors sur la piste du mystérieux Silva, et va plus que jamais devoir agir dans l’ombre… 

50 ans de Bond. Pour cet anniversaire un peu particulier, la franchise de l’agent secret le plus célèbre au monde se paye le luxe d’un réalisateur oscarisé. Apportant une dimension nouvelle au mythe, Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles…) s’investit à redorer le blason du personnage de Ian Flemming, le dépoussiérant un peu pour en faire un « vieux » pas si dépassé, terriblement au goût du jour.

20079592.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-20120412_092542-300x200 Action dans Action, muscles et pyrotechnie

Sauvé par le Bond ?

Sans garder plus longtemps le secret (agent), Skyfall est un très bon Bond. Film nostalgique et crépusculaire en forme d’hommage, il compile les références tout en prônant l’ouverture de la franchise au drame. Pas question ici de lorgner du côté des Jason Bourne, il réanime une identité, une veine « bondienne » que l’on croyait perdue, dans un exercice malin et jouissif.

20239397.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200 Angleterre dans Espions et espionnage

Daniel Craig et Javier Bardem : bataille de B(l)onds

Si l’on oublie l’inutilité relative des deux « Bond Girls » de cet opus, il reste largement de quoi se satisfaire. La mise en scène est souvent vertigineuse, les scènes d’actions superbes, à l’instar de la musique, des images et des lumières, toutes particulièrement soignées… Mais ce que l’on apprécie par dessus-tout, c’est l’humour et la vision presque « naïve » des services d’espionnages. Finis les complots internationaux qui n’en finissent plus de rebondir, dans Skyfall, le scénario aussi se veut épuré, laissant la part belle à une vraie profondeur dramatique et surtout aux personnages, qui le méritent amplement.

20079576.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-20120412_085332-300x202 combat dans Un héros super

La classe à l'anglaise...

007 bien sûr, mais aussi « M », « Q », et un vrai méchant aussi cinglé que dangereux (Javier Bardem, mémorable), tous donnent au film la possibilité d’atteindre son ambition : continuer d’assurer encore une longue vie à l’agent secret. On ne va pas s’en plaindre.

 

Action, Espionnage. 2 h 23.

États-Unis, Royaume-Uni. 

Date de sortie : 26 octobre 2012.

Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, John Logan.

Photographie : Roger Deakins.

Interprètes : 

Daniel Craig (James Bond),

Judi Dench (M),

Javier Bardem (Silva),

Ralph Fiennes (Gareth Mallory),

Ben Wishaw (Q)…


ARGO ****

De Ben Affleck.ARGO   **** dans 4 étoiles **** 20273151.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

4 novembre 1979. La révolution iranienne est à son paroxysme. À Téhéran, les militants prennent d’assaut l’ambassade américaine, et prennent en otage tout le personnel, créant un conflit international. Mais au milieu de ce chaos, six américains parviennent à s’échapper et trouvent refuge auprès de l’ambassadeur canadien. Afin de faire sortir discrètement du pays ces « invités » en grand danger, la CIA utilise son dernier atout, un spécialiste de « l’exfiltration ». Argo  raconte l’histoire, vraie, de son plan risqué, si incroyable qu’il ne pourrait exister… qu’au cinéma.

Acteur à midinette rapidement évincé par Hollywood vers la fin des années 90, Ben  Affleck est revenu sur le devant de la scène en choisissant intelligemment ses rôles et en réalisant coup sur coup deux très bons longs métrages, Gone Baby Gone (2007), et The Town (2010). Jamais deux sans trois, avec Argo, thriller historique bourré à la fois d’humour et de suspens, l’acteur réalisateur prouve qu’il n’a pas volé sa place… et que l’on a pas fini d’entendre parler de lui.

20280112.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200 Affleck dans C'est la guerre
Rien à déclarer ?

Grâce à une histoire simplement incroyable, légèrement remaniée pour les besoin de l’adaptation, Argo renvoie le spectateur au crépuscule des années 70. On distingue trois parties dans le film, tout d’abord une reconstitution oppressante de la révolte des militants iraniens, sans jugement mais avec une verve étourdissante. Dans un second temps, le plan se met en place dans une satire comique de l’univers d’Hollywood, imaginant un faux film dont l’équipe technique serait en fait les américains à extrader. Enfin, vient la mission en elle-même, réservant quelques scènes de suspens des plus captivantes.

En jouant avec brio sur l’absurdité de la situation grâce à un humour qui aide à souffler entre les moments forts de tension, la mise en scène se met au service du scénario. Le plaisir est encore renforcé grâce à des seconds rôles au diapason (Bryan Cranston, John Goodman et Alan Arkin, impériaux), qui donnent la réplique à Affleck lui-même, bien plus convaincant que lorsqu’il sauve le monde dans un film à gros budget…

20199908.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x148 Argo dans Espions et espionnage

Ben Affleck, un gars au poil.

Autre élément qui fait suffisamment plaisir pour être souligné, Argo a le bon goût d’être un film américain qui met en avant la CIA sans pour autant tomber dans la bête flatterie des « grands et puissants États-Unis ». Pas de politique ni de jugement donc, on nous y montre avant tout des personnes qui font de leur mieux malgré des institutions en désordre. Avec son « film dans le film », Argo est intelligent, roublard et enthousiasmant. Du cinéma comme on aimerait en voir plus souvent !

 

États-Unis. Thriller, Drame. 1 h 59.

Date de sortie : 7 novembre 2012.

Réalisation : Ben Affleck.

Scénario : Chris Terrio.

Musique : Alexandre Desplat.

Interprètes :

Ben Affleck (Tony Mendez),

Bryan Cranston (Jack O’Donnell),

John Goodman (John Chambers)

Alan Arkin (Lester Siegel)…


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