L'écran crevé


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Liste des articles dans la catégorie Drame, sortez les mouchoirs.

11,6 **

De Philippe Godeau11,6  ** dans 2 étoiles ** affiche-225x300

 

Tony Musulin est convoyeur de fond depuis 10 ans. Le 5 novembre 2009, au bout du rouleau, il disparait avec les 11,6 millions d’euros qu’il transportait dans son fourgon blindé, avant de ré-apparaître et de se rendre à la police qui n’a pu retrouver qu’une partie de la somme volée par le lyonnais à qui l’on attribue le « casse du siècle ». 11,6 raconte l’histoire de cet homme, qui purge aujourd’hui sa peine derrière les barreaux. 

Librement inspiré du livre d’Alice Géraud-Arfi, « Toni 11,6 – Histoire du convoyeur » paru en 2011, Philippe Godeau Godeau adapte dans 11,6 la vie du plus célèbre convoyeur de fond français, Toni Musulin. Le cinéaste y retrouve François Cluzet, après leur première collaboration dans Le Dernier pour la route, en 2009. Le pays entier a entendu parler de cette histoire hors-du-commun qui a vu le convoyeur de fonds détourner son propre camion, pour se rendre ensuite en prétendant n’avoir aucune idée de là où se trouvent les 2,5 millions d’euros manquants au butin, partiellement retrouvé. Condamné à 5 ans de prison ferme qu’il purge en isolement à la prison de Corbas dans la banlieue lyonnaise, Musulin jouit aujourd’hui encore d’une insolite notoriété, lui qui s’est attaqué aux banques au milieu d’une crise financière de grande ampleur.

116-300x121 argent dans C'est français !

Toni Musulin, en route vers le casse du siècle

Des colonnes des journaux au grand écran, il n’y a qu’un pas, franchi par Godeau. Mais l’histoire est récente et toutes les zones d’ombres sont loin d’être levées, aussi, si la caméra suit inlassablement son personnage, elle n’explique jamais qui il est vraiment, faisant de ce silencieux Musulin quelqu’un de plutôt antipathique, que l’on a du mal à comprendre et qui apparaît finalement comme un lâche, dans toutes les relations qu’il entretient. Pas de réponses aux questions donc, et c’est normal, puisque Godeau s’attache beaucoup à la crédibilité, mais en laissant ainsi le spectateur en tête-à-tête avec ce personnage insondable et à bout de souffle, le risque de décrocher est grand. Si on ne l’aime pas et que l’on aime pas ce qu’il fait… difficile d’aimer le film. 

Dommage donc que les zones d’ombres gâchent ainsi le plaisir, d’autant que la réalisation y est vraiment belle et inspirée, que la distribution autour de Cluzet mérite les honneurs (Bouli Lanners et Corinne Masiero font des étincelles), et que la réflexion sur le fonctionnement d’une entreprise et d’un métier tout sauf anodin reste passionnante… Finalement, peut-être était-ce simplement trop tôt pour adapter cette histoire qui n’avait pas encore la profondeur pour devenir un grand film, et qui ne reste finalement qu’un étonnant fait divers.

 

Thriller. France. 1h42.

Date de sortie : 3 avril 2013

Scénario : Agnès de Sacy, Philippe Godeau

D’après le livre d’Alice Géraud Arfi

Interprètes :

François Cluzet (Toni),

Bouli Lanners (Arnaud),

Corinne Masiero (Marion),

Juana Acosta (Natalia)…


THE PLACE BEYOND THE PINES **

De Derek CianfranceTHE PLACE BEYOND THE PINES   ** dans 2 étoiles ** 20503469.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

Cascadeur à moto dans une foire itinérante, Luke est de retour dans la petite ville de Schenectady, dans l’état de New York. Il y retrouve Romina, avec qui il a eu une liaison un an auparavant, et apprend surtout qu’elle vient de donner naissance à son fils. Bouleversé par cette nouvelle, il décide de rester dans la petite ville pour subvenir aux besoins de sa famille. Pour cela, Luke choisit de commettre des braquages de banque, comptant sur ses talents de motard pour échapper aux forces de police… C’était sans compter sur Avery Cross, un ambitieux jeune policier.

 Ce troisième long métrage de Derek Cianfrance affiche beaucoup d’ambition. Après le poétique mais manquant de verve Blue Valentine en 2010 (où déjà Ryan Gosling faisait des étincelles), voici donc un film fleuve profondément ancré dans la généalogie de la violence américaine. L’histoire se déroule donc dans les décors réels de Schenectady. The Place beyond the pines (l’endroit au-delà des pins) est la traduction littérale du mot mohawk (iroquois), qui donne donc son nom au film.

 Film d’action dérivé du mouvement « white trash » à son ouverture, c’est rapidement une histoire de famille, un drame générationnel et sensible qui prend possession de l’écran. On sent assez nettement dans ce long métrage les multiples influences du réalisateur et de son scénariste. Toutes proportions gardées, on pensera par exemple à Psychose dans son schéma de construction, mais aussi plus près de nous à La Nuit nous appartient de James Gray, moins pour la présence d’Eva Mendès (sans artifices !) au cœur de la tourmente, que dans le traitement de l’hérédité et de la rédemption, peut être les deux thèmes les plus fort du film.

20461521.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200 Amérique dans Drame, sortez les mouchoirs

Ryan Gosling... le blond platine ténébreux

Toutefois, malgré ces ambitions particulièrement de bon goût, on regrettera plusieurs choses dans The Place beyond the Pines. On ne peut enlever au film son originalité, il est même recommandé d’en savoir le moins possible pour profiter au mieux de son histoire. Mais à mesure que les différentes parties se complètent, les longueurs s’accumulent, faisant énormément remarquer les 2h20 sur lesquelles il s’étale. Le projet est certes beau et hors normes, mais il ne tient pas ses promesses de grand mélodrame, et Cianfrance cherche à émouvoir, sans jamais complètement y parvenir. Reste quelques très beaux moments, et une véritable déclaration d’amour à ses acteurs, très inspirés jusque dans les seconds-rôles, malgré le numéro désormais bien connu de Ryan Gosling en « dur qui pleure »… Dommage donc que les différentes parties soient si inégales, et qu’on ressorte avec une impression d’inachèvement malgré le temps, que l’on a clairement senti passer…

 

Thriller, drame. États-Unis. 2 h 20

Date de sortie : 20 mars 2013

Scénario : Derek Cianfrance, Ben Coccio, Darius Marder.

Musique : Mike Patton.

Interprètes :

Ryan Gosling (Luke),

Bradley Cooper (Avery Cross),

Eva Mendes (Romina),

Rose Byrne (Jennifer)…


CLOUD ATLAS ***

De Lana Wachowski, Tom Tykwer & Andy WachowskiCLOUD ATLAS   *** dans 3 étoiles *** affiche-cloud-atlas-225x300

 

1849 dans le Pacifique Sud, 1936 en Écosse, 1973 à San Francisco, 2012 en Angleterre, 2144 à Néo-Séoul et Hawaï en 2346, cette histoire se déroule sur cinq siècles, dans plusieurs espaces-temps. D’une vie à l’autre, des êtres se croisent, se retrouvent, naissent et renaissent. Leurs destins connectés, passés présents et futurs, les entraînent dans de folles aventures. Et si chacun œuvre avant tout pour lui, chaque choix entraînera des répercussions inimaginables dans un univers où tout est lié.

Voici donc encore un roman réputé inadaptable adapté pour le cinéma. Traduit en français sous le titre Cartographie des Nuages, l’œuvre originale signée de la plume du britannique David Mitchell et publiée chez nous en 2004 a connu un grand succès littéraire. Sur grand écran, ce projet titanesque a été mené à bien par Lana et Andy Wachowski, créateurs de Matrix, et par Tom Tykwer, réalisateur de Cours Lola, cours et d’une autre adaptation, Le Parfum (tirée du roman de Süskind). À l’arrivée, une épopée transgenre difficile à définir, blockbuster boudé aux États-Unis, mais qui propose un moment de cinéma assez inédit.

Six époques pour six histoires, intimement connectées puisque les personnages (et acteurs) « réincarnés » s’y croisent et re-croisent. Connectées, ces histoires le sont également par le biais du montage parallèle, qui propose de les entrelacer et de toutes les faire évoluer ensemble. Le procédé ne date pas d’hier, puisque D.W. Griffith proposait déjà cette idée sur Intolérance, en 1919.

photo-cloud-atlas-300x200 adaptation dans Action, muscles et pyrotechnie

Tom Hanks... sur un nuage ?

Fort de ses références et de son humour vraiment bien senti, Cloud Atlas affiche toutefois quelques défauts gênants. Le surplus de maquillages, prothèses et postiches tout d’abord, qui nuit au jeu des acteurs et semble les empêcher de s’exprimer, dommage pour les acteurs, d’autant plus que la plupart des personnages n’ont finalement que peu de scènes à jouer (Heureusement, Tom Hanks a déjà prouvé qu’il pouvait faire pleurer toute une salle en perdant un ballon de volley…). Mais ce qui chagrine plus c’est que le lien est finalement souvent assez mince entre chaque « destinée » autour de ceux qui portent la tache de naissance en forme de comète. Cela incite à regarder le film non pas dans son entier comme il  le faudrait, mais comme plusieurs histoires, très inégales. À ce jeu, On préférera, de loin, le travail de Tykwer (1936, 1973 et 2012), à celui des Wachowski, qui cherchent avant tout la surenchère visuelle, comme dans l’épisode à Néo-Séoul, lorgnant du côté du 5ème élément et complètement raté si l’on excepte les trouvailles graphiques.

Malgré tout, il serait bien injuste de bouder Cloud Atlas,  qui voit grand, visuellement bien sûr, mais aussi et surtout dans ses méandres et dans sa conception presque mystique d’aborder toutes les grandes questions existentielles sur la nature et la condition humaine. L’amour, la mort, la liberté des individus, le rachat des fautes… tout y est dans ce que l’on peut appeler un « film-monde », épique et bourré de rythme (2h45 sans que l’on s’y ennuie !). Excessif comme l’imagination.

 

Drame, science fiction. États-Unis. 2 h 45

Date de sortie : 13 mars 2013

Scénario : Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski

D’après l’œuvre de David Mitchell

Interprètes :

Tom Hanks,

Halle Berry,

Jim Broadbent,

Hugo Weaving,

Jim Sturgess…


FLIGHT ***

De Robert ZemeckisFLIGHT   *** dans 3 étoiles *** affiche-225x300

Après une nuit alcoolisée et une matinée cocaïnée, le commandant Whip Whitaker prend les commandes du vol 227 le temps d’un trajet intérieur aux États-Unis. Lorsque de très mauvaises conditions climatiques et une avarie technique font plonger l’avion en piqué, le pilote tente une manœuvre audacieuse afin de pratiquer un atterrissage forcé. À son réveil, Whip est un héros. Son sang froid et sa dextérité ont sauvé 96 des 102 personnes à bord. Mais l’enquête sur les circonstances du crash débute, et met en lumière la vie du commandant, l’entraînant dans une dangereuse spirale entre mensonges et vérités.

Robert Zemeckis est bien plus qu’un « sous-Spielberg ». Retour vers le futur (1985) Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988), Forrest Gump (1994) ou Seul au monde (2000) pour ne citer qu’eux, ont marqué un pan du cinéma américain. Et si le cinéaste confesse se sentir en marge du « Hollywood d’aujourd’hui », après 13 ans à travailler et ouvrir la voie au numérique et aux techniques de motion capture, il revient aujourd’hui à du cinéma fait de chair et d’os.

Quelle ambition dans ce Flight, qui surprend dès son décollage, le temps d’un vol des plus mouvementés. Le spectateur restera au plus près de Whip, son héros tourmenté, dans ses choix, face à ses forces et surtout ses faiblesses. Zemeckis commence un film catastrophe et termine un film de procès, il montre en images comment la société créé et détruit un héros, les méandres administratifs et procéduriers d’une Amérique puritaine et souvent bigote, mais surtout le combat presque perdu d’avance entre un homme et son alcoolisme.

1-300x124 alcool dans Drame, sortez les mouchoirs

Denzel Washington, un pilote de haut vol

En pilote autodestructeur qui touche le fond, Denzel Washington offre une performance pleine de nuances, aussi multiple que l’est son personnage. Face à lui, Don Cheadle est toujours aussi impliqué, et les apparitions de John Goodman en dealer jovial apportent la dose d’humour nécessaire permettant à la pression de retomber.

Mais ce que l’on retient de Flight, c’est avant tout son ouverture avec cette extraordinaire séquence de crash aérien filmée comme si vous y étiez, qui fait écho à la séquence finale de l’audition, au suspens surprenant. Entre ces deux grands moments, peu de turbulences. On regrettera peut-être les écrasantes références à la religion, et l’on pensera très fort au schéma de Seul au monde, au travers de la difficile (impossible ?) réadaptation du survivant mis au ban de la société. Qu’importe sa fin pleine de contrition et de puritanisme, entre performance d’acteur et grand divertissement, cette histoire de rédemption mérite amplement le déplacement. Attachez vos ceintures, décollage imminent…

 

Drame. États-Unis. 2 h 18.

Date de sortie : 13 février.

Scénario : John Gatins.

Photographie : Don Burgess.

Compositeur : Alan Silvestri.

Interprètes :

Denzel Washington (Whip Whitaker),

Don Cheadle (Hugh Lang),

Kelly Reilly (Nicole),

John Goodman(Harling mays)…


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