L'écran crevé


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Liste des articles dans la catégorie 4 étoiles ****.

SKYFALL ****

De Sam MendesSKYFALL  **** dans 4 étoiles **** 20264212.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

Son nom est Bond… James Bond. Mais une fois n’est pas coutume, sa dernière mission tourne mal. 007 est laissé pour mort, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier, et le MI6, attaqué, est obligé de se retrancher dans les sous-sols de Londres. En ces temps de peur, où tout le monde doute de l’autre, l’autorité de « M » est ébranlée, et elle doit se tourner vers son dernier allié de confiance, revenu d’entre les morts. Bond se lance alors sur la piste du mystérieux Silva, et va plus que jamais devoir agir dans l’ombre… 

50 ans de Bond. Pour cet anniversaire un peu particulier, la franchise de l’agent secret le plus célèbre au monde se paye le luxe d’un réalisateur oscarisé. Apportant une dimension nouvelle au mythe, Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles…) s’investit à redorer le blason du personnage de Ian Flemming, le dépoussiérant un peu pour en faire un « vieux » pas si dépassé, terriblement au goût du jour.

20079592.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-20120412_092542-300x200 Action dans Action, muscles et pyrotechnie

Sauvé par le Bond ?

Sans garder plus longtemps le secret (agent), Skyfall est un très bon Bond. Film nostalgique et crépusculaire en forme d’hommage, il compile les références tout en prônant l’ouverture de la franchise au drame. Pas question ici de lorgner du côté des Jason Bourne, il réanime une identité, une veine « bondienne » que l’on croyait perdue, dans un exercice malin et jouissif.

20239397.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200 Angleterre dans Espions et espionnage

Daniel Craig et Javier Bardem : bataille de B(l)onds

Si l’on oublie l’inutilité relative des deux « Bond Girls » de cet opus, il reste largement de quoi se satisfaire. La mise en scène est souvent vertigineuse, les scènes d’actions superbes, à l’instar de la musique, des images et des lumières, toutes particulièrement soignées… Mais ce que l’on apprécie par dessus-tout, c’est l’humour et la vision presque « naïve » des services d’espionnages. Finis les complots internationaux qui n’en finissent plus de rebondir, dans Skyfall, le scénario aussi se veut épuré, laissant la part belle à une vraie profondeur dramatique et surtout aux personnages, qui le méritent amplement.

20079576.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-20120412_085332-300x202 combat dans Un héros super

La classe à l'anglaise...

007 bien sûr, mais aussi « M », « Q », et un vrai méchant aussi cinglé que dangereux (Javier Bardem, mémorable), tous donnent au film la possibilité d’atteindre son ambition : continuer d’assurer encore une longue vie à l’agent secret. On ne va pas s’en plaindre.

 

Action, Espionnage. 2 h 23.

États-Unis, Royaume-Uni. 

Date de sortie : 26 octobre 2012.

Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, John Logan.

Photographie : Roger Deakins.

Interprètes : 

Daniel Craig (James Bond),

Judi Dench (M),

Javier Bardem (Silva),

Ralph Fiennes (Gareth Mallory),

Ben Wishaw (Q)…


ARGO ****

De Ben Affleck.ARGO   **** dans 4 étoiles **** 20273151.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

4 novembre 1979. La révolution iranienne est à son paroxysme. À Téhéran, les militants prennent d’assaut l’ambassade américaine, et prennent en otage tout le personnel, créant un conflit international. Mais au milieu de ce chaos, six américains parviennent à s’échapper et trouvent refuge auprès de l’ambassadeur canadien. Afin de faire sortir discrètement du pays ces « invités » en grand danger, la CIA utilise son dernier atout, un spécialiste de « l’exfiltration ». Argo  raconte l’histoire, vraie, de son plan risqué, si incroyable qu’il ne pourrait exister… qu’au cinéma.

Acteur à midinette rapidement évincé par Hollywood vers la fin des années 90, Ben  Affleck est revenu sur le devant de la scène en choisissant intelligemment ses rôles et en réalisant coup sur coup deux très bons longs métrages, Gone Baby Gone (2007), et The Town (2010). Jamais deux sans trois, avec Argo, thriller historique bourré à la fois d’humour et de suspens, l’acteur réalisateur prouve qu’il n’a pas volé sa place… et que l’on a pas fini d’entendre parler de lui.

20280112.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200 Affleck dans C'est la guerre
Rien à déclarer ?

Grâce à une histoire simplement incroyable, légèrement remaniée pour les besoin de l’adaptation, Argo renvoie le spectateur au crépuscule des années 70. On distingue trois parties dans le film, tout d’abord une reconstitution oppressante de la révolte des militants iraniens, sans jugement mais avec une verve étourdissante. Dans un second temps, le plan se met en place dans une satire comique de l’univers d’Hollywood, imaginant un faux film dont l’équipe technique serait en fait les américains à extrader. Enfin, vient la mission en elle-même, réservant quelques scènes de suspens des plus captivantes.

En jouant avec brio sur l’absurdité de la situation grâce à un humour qui aide à souffler entre les moments forts de tension, la mise en scène se met au service du scénario. Le plaisir est encore renforcé grâce à des seconds rôles au diapason (Bryan Cranston, John Goodman et Alan Arkin, impériaux), qui donnent la réplique à Affleck lui-même, bien plus convaincant que lorsqu’il sauve le monde dans un film à gros budget…

20199908.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x148 Argo dans Espions et espionnage

Ben Affleck, un gars au poil.

Autre élément qui fait suffisamment plaisir pour être souligné, Argo a le bon goût d’être un film américain qui met en avant la CIA sans pour autant tomber dans la bête flatterie des « grands et puissants États-Unis ». Pas de politique ni de jugement donc, on nous y montre avant tout des personnes qui font de leur mieux malgré des institutions en désordre. Avec son « film dans le film », Argo est intelligent, roublard et enthousiasmant. Du cinéma comme on aimerait en voir plus souvent !

 

États-Unis. Thriller, Drame. 1 h 59.

Date de sortie : 7 novembre 2012.

Réalisation : Ben Affleck.

Scénario : Chris Terrio.

Musique : Alexandre Desplat.

Interprètes :

Ben Affleck (Tony Mendez),

Bryan Cranston (Jack O’Donnell),

John Goodman (John Chambers)

Alan Arkin (Lester Siegel)…


THE DARK KNIGHT RISES ****

 

De Christopher Nolan.THE DARK KNIGHT RISES  **** dans 4 étoiles **** 20158098.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Après s’être sacrifié en s’accusant du meurtre d’Harvey Dent pour « offrir à Gotham City le héros qu’elle mérite  », Batman a disparu dans la nuit. Huit ans ont passé et la paix règne à la surface d’une ville régie à nouveau par les bureaucrates, en partie grâce aux lois répressives de Dent.

L’arrivée d’une voleuse aux intentions obscures ainsi que du mercenaire terroriste masqué Bane vont rallumer un feu plus dangereux que jamais et arracher Batman à son exil. Mais est-il encore de taille à lutter contre le Mal ?

 

Tout a une fin, même les légendes. En achevant sa trilogie avec The Dark Knight Rises, Nolan choisit de raccrocher la cape de son héros avant de lui brûler les ailes. Un geste noble de la part de celui qui a réussi à redonner des couleurs au plus charismatique des super-héros, tout en offrant une nouvelle définition cinématographique des règles du genre.

20092719.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120426_051115-300x212 Bale dans Action, muscles et pyrotechnie

Bruce Wayne et Selina Kyle jouent au chat et à la ....

Difficile de parler de ce dernier épisode qui laisse à la fois sceptique et galvanisé, décu et conquis. Il faut dire qu’avec The Dark Knight en 2008, le cinéaste avait frappé très fort. Aussi, il est possible de parler de ce troisième épisode comme d’un monument sombre, vertigineux et magnifique, qui semble constamment gagner en puissance, ou bien de le comparer avec son aîné… et forcément d’être déçu. Pour de nombreuses raisons, cet opus ne marquera pas autant les esprits, perdant en étrangeté froide et en instinct urbain. Il suffit de comparer les méchants. Tout en nuances, le colosse Bane est un monstre de choix, mais comment oublier le chien fou qu’était le Joker ?

En voulant faire du film un objet « cool », il devient prévisible, ne surprend pas, remplissant « seulement » son cahier des charges et se trouvant là où on l’attend. Avec un épisode plein de noirceur et de fureur, on se rapproche ici beaucoup de Batman : begins, tant au travers de l’ambiance que du scénario qui tisse des liens directs.

20082863.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120417_093909-199x300 Bane dans Fantastique ou surnaturel, les films venus d'ailleurs.

Gary Oldman : un inoubliable commissaire Gordon

C’est beau et épique, peut-être même trop. Toujours adepte de la densité (Inception… ça vous parle ?), Nolan semble avoir voulu remplir son film du maximum de situations exceptionnelles et à ne pas manquer. Mais si le spectacle est grandiose et loin de lasser le spectateur, on ne pourra s’empêcher de retenir ses petits travers, comme ces répliques sentencieuses comme les aime Steven Seagal, ou encore le personnage de Marion Cotillard, qui finalement déçoit beaucoup plus que celui d’Anne Hathaway en Selina Kyle. Même le Blake de Joseph Gordon-Levitt risque de laisser plus d’un spectateur sceptique… Heureusement il y a des piliers sur lesquels on peut compter : Morgan Freeman (Lucius Fox), Michael Caine (Alfred) et Gary Oldman (Jim Gordon) sont en effet bien plus que des personnages secondaires, tout comme la ville de Gotham, magnifique même au bord de l’apocalypse.

Avec plusieurs défauts peu glorieux, beaucoup seront donc déçus, y compris chez les fans de la première heure. Je choisis cependant de défendre le film, pour la saga et l’engouement qu’elle a su (ré)susciter, autant que pour son insertion dans les ambitions et les peurs d’aujourd’hui. Le Batman de Nolan est résolument inscrit dans notre « modernité ». Et même si l’on prenait le film seul sans tenir compte de ses prédecesseurs, qui aujourd’hui, pourrait en proposer autant ? The Dark Knight Rises est un film à voir de toute façon, et n’écorne définitivement pas la trilogie. Tout à une fin, oui, mais difficile de savoir si c’est tant pis ou si c’est tant mieux.

20082864.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120417_093909-300x237 batman dans Un héros super

Batman face à Bane, un chauve qui ne sourit pas.

États-Unis. Action. 2 h 44.

Sortie française : 25 juillet.

Scénario : Christopher et Jonathan Nolan, David S. Goyer.

D’après le personnage de : Bob Kane.

Musique : Hans Zimmer.

Interprètes : 

Christian Bale (Bruce Wayne),

Tom Hardy (Bane)

Anne Hathaway (Selina Kyle),

Marion Cotillard (Miranda),

Gary Oldman (Gordon),

Joseph Gordon-Levitt (Blake),

Morgan Freeman (Lucius Fox),

Michael Caine (Alfred)…


LAURENCE ANYWAYS ****

De Xavier Dolan.LAURENCE ANYWAYS  **** dans 4 étoiles **** 20138436.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120614_120411-225x300

 

Début des années 90. Laurence a trente ans, et vit au Québec. Laurence est prof de littérature, et aime son métier. Laurence est très amoureux de Fred, et elle l’est tout autant. Laurence a décidé d’annoncer à tous qu’il allait devenir une femme… et sa vie va changer. 

Laurence anyways, c’est 10 ans de la vie de Laurence, guidés par un besoin d’enfin devenir celui (celle) qu’il désire, mais entravé par un fol amour impossible. Troisième long-métrage du jeune prodige Xavier Dolan après J’ai tué ma mère et les Amours imaginaires, ce film fleuve (2 h 40) était annoncé comme son film somme. Cette avancée aussi précoce que semble l’être son jeune auteur, réunit en effet bon nombre de ce qu’il apparaît déjà comme des obsessions dans un langage cinématographique bourré d’inspirations, de tics maniéristes, mais aussi de personnalité.

Bombardé icône pop intello/exigeant, le cinéaste projette sur la toile une sorte de patchwork. Au delà du pitch intimiste et percutant, apparaissent de nombreuses citations littéraires, cinéphiles ou musicales, qui se succèdent autour d’un design reflétant merveilleusement la mode des 90′s, du meilleur jusqu’au pire. Assez logiquement, l’action se situe dans l’avant-gardiste Montréal, bien différente de la « vieille » cité de Paris au début des années 90, et où l’on aurait eu bien plus de mal à imaginer l’histoire.

20129794.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120605_043638-300x200 amour dans Drame, sortez les mouchoirs
Melvil Poupaud (Laurence) a mis son pull préféré

Parmi tout cela, on suit, bien sûr, le destin d’un homme qui cherche à trouver sa place alors qu’il devient femme, mais c’est également une histoire d’amour ultime et passionnée qui se développe au premier plan. L’intelligence du metteur en scène est ici d’avoir évité d’aborder pleine face la question de la marginalité face à la normalité, pour permettre un récit à la première personne bouleversant. Pas besoin de s’attarder sur le « pourquoi », Laurence anyways va droit au « comment ». 

Débordant de trop, l’histoire de Laurence pourtant racontée avec le recul de la maturité du personnage, tire en partie sa force d’un verve presque épique, d’un grand bordel pas toujours maîtrisé, mais constamment inspiré. Et si les plans sont composés comme des tableaux, accordant une importance toute particulière aux teintes et aux couleurs, ce n’est pas pour masquer un manque de sens, mais au contraire pour y ajouter de la portée, de la poésie. La caméra de Dolan magnifie les lieux autant que les personnages, et même lorsqu’il filme des visages anodins, on croit distinguer une sorte de « portrait » de son propriétaire.

20129800.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120605_043640-300x200 Canada dans Les histoires d'amour finissent sur la toile... en général.
Nathalie Baye, une mère qui ne laisse plus rentrer son fils…  
sa fille… enfin son enfant !

Personnage réfléchi et intelligent (le film le souligne presque trop), Laurence est brillamment interprété par Melvil Poupaud, charismatique et surtout très concerné. Face à lui, Suzanne Clément crève littéralement l’écran, rappelant pour ceux qui le voudront la Kate Winslet d’Eternal sunshine of the spotless mind. Pétri de passions et d’inquiétudes, son personnage est d’une importance cruciale pour le film dans la mesure où c’est son amour qui aide Laurence à avancer, tout en l’emprisonnant.

En renouant avec un cinéma racé inspiré du début des années 70, Laurence anyways devient une sorte de monstre baroque et grandiloquent d’une beauté insolente, renversant tout sur son passage comme pour justifier le anyways de son titre. Alors bien sûr, on trouvera des reproches à faire à Dolan, probablement prétentieux, et voulant à coup sûr trop en faire… Mais sa chronique fulgurante mérite définitivement les honneurs, autant pour l’audace du fond que pour la beauté visuelle. Faussement superficiel, mais vraiment remarquable.

20129801.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120605_043643-300x200 Dolan

Suzanne Clément (Fred), encore une rousse qui pourrait chanter "laisse moi rester femme"...

Drame. Canada, France. 2 h 39.

Sortie française : 18 juillet 2012.

Réalisation, scénario, montage et costumes : Xavier Dolan.

Photographie : Yves Bélanger.

Musique : Noia.

Interprètes :

Melvil Poupaud (Laurence Alia),

Suzanne Clément (Fred Belair),

Nathalie Baye (Julienne Alia),

Monia Chokri (Stéphanie Belair)…


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