L'écran crevé



LA CITE ROSE **

De Julien AbrahamLA CITE ROSE   ** dans 2 étoiles ** affiche-cite-rose-225x300

 

« Mitraillette » a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, son quartier de banlieue qu’il n’a jamais quitté… et ne quitterait pour rien au monde. Autour de lui et de son petit monde : sa famille. D’abord il y a Isma, son cousin de 16 ans qu’il adore mais qui semble prendre un mauvais chemin dans le « business » de Narcisse, le caïd du quartier. Mais il y a aussi Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui espère devenir avocat… Mitraillette, lui, pour le moment ne rêve que d’une chose : sortir avec Océane, la plus belle fille du collège. Chacun tente de vivre sa vie du mieux qu’il peut et de toucher ses rêves du doigt… mais entre les tours de la Cité Rose, les rêves se monnayent parfois cher.

Pour son premier long-métrage, Julien Abraham se lance dans un sujet qu’il maîtrise, puisqu’il adapte son propre projet qui devait initialement exister en tant que série. Ouvertement inspiré du formidable la Cité de Dieu, où le brésilien Fernando Meirelles décrivait le quotidien d’une favela de Rio vu par les gamins qui y vivent, la Cité Rose s’ancre donc entre les tours de ce « quartier chaud » de Pierrefitte-sur-Seine.

Sans atteindre la force de son modèle, le film de Julien Abraham mérite toutefois que l’on parle de lui. Rien n’est franchement révolutionnaire dans sa réalisation, tour-à-tour énergique, poétique ou malicieuse, ni même dans la façon d’aborder les différents destins de ces personnages tours différents au point d’être parfois trop caricaturaux. Beaucoup de clichés, malheureusement vrais, débordent un peu, et l’on peut-même avancer que si l’on passe un assez bon moment, le film est rapidement assez « oubliable ». Pourtant, ce sont les points forts, qui font la grande sympathie de la Cité Rose, dont on a envie de parler.

photo-cite-rose-300x200 banlieue dans C'est français !

La banlieue c'est morose ?

Tout d’abord, Abraham parvient à s’éloigner des traditionnels lieux communs fatigués sur la vie dans une cité de banlieue. « Deals » de drogue et musique rap sont bien présents (la bande-son est d’ailleurs très efficace), mais perdus dans un tout plein de vie qui mêle mixité des cultures et aspirations de chacun, le tout au travers des yeux de l’enfant, naïf et curieux, confronté à ses premiers choix alors qu’il a finalement tout à découvrir. Grâce a une histoire solide nettement au-dessus de ce que l’on est habitué à voir dès que l’on parle de jeunesse banlieusarde, ainsi qu’à une interprétation très vivante offerte par des acteurs principalement débutants, on croit vraiment à l’attachement des personnages au lieu. Détail surprenant, le hasard du casting a fait que Azize Diabate Abdoulaye, qui interprète le jeune Mitraillette, a lui-même grandi à la Cité Rose… ce qui explique peut-être tout le bagout dont fait preuve le jeune garçon, parfaitement à son aise dans les « décors » du film.

Enfin, cette Cité Rose propose d’embrasser du regard toute une communauté trop souvent mise à l’écart et détaille qu’il existe différents possibles, souvent bien moins aberrants que certaines « soirées parisiennes » rapidement montrées dans le film. Finalement, le message véhiculé par la Cité Rose fait office de modèle, surtout pour les plus jeunes, et c’est peut-être là son meilleur atout.

Comédie dramatique. France. 1 h 37.

Date de sortie : 27 mars 2013.

Scénario : Zackarya DK, Jimmy Laporal-Tresor, Julien Abraham.

Photographie : Julien Meurice.

Musique : Soprano, Scientifik, RedK, Laurent Casano.

Interprètes :

Azize Diabate Abdoulaye (Mitraillette),

Idrissa Diabaté (Isma),

Ismaël Ouazzani (La crête),

Ibrahim Koma (Djibril)…



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