L'écran crevé



ARGO ****

De Ben Affleck.ARGO   **** dans 4 étoiles **** 20273151.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

 

4 novembre 1979. La révolution iranienne est à son paroxysme. À Téhéran, les militants prennent d’assaut l’ambassade américaine, et prennent en otage tout le personnel, créant un conflit international. Mais au milieu de ce chaos, six américains parviennent à s’échapper et trouvent refuge auprès de l’ambassadeur canadien. Afin de faire sortir discrètement du pays ces « invités » en grand danger, la CIA utilise son dernier atout, un spécialiste de « l’exfiltration ». Argo  raconte l’histoire, vraie, de son plan risqué, si incroyable qu’il ne pourrait exister… qu’au cinéma.

Acteur à midinette rapidement évincé par Hollywood vers la fin des années 90, Ben  Affleck est revenu sur le devant de la scène en choisissant intelligemment ses rôles et en réalisant coup sur coup deux très bons longs métrages, Gone Baby Gone (2007), et The Town (2010). Jamais deux sans trois, avec Argo, thriller historique bourré à la fois d’humour et de suspens, l’acteur réalisateur prouve qu’il n’a pas volé sa place… et que l’on a pas fini d’entendre parler de lui.

20280112.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200 Affleck dans C'est la guerre
Rien à déclarer ?

Grâce à une histoire simplement incroyable, légèrement remaniée pour les besoin de l’adaptation, Argo renvoie le spectateur au crépuscule des années 70. On distingue trois parties dans le film, tout d’abord une reconstitution oppressante de la révolte des militants iraniens, sans jugement mais avec une verve étourdissante. Dans un second temps, le plan se met en place dans une satire comique de l’univers d’Hollywood, imaginant un faux film dont l’équipe technique serait en fait les américains à extrader. Enfin, vient la mission en elle-même, réservant quelques scènes de suspens des plus captivantes.

En jouant avec brio sur l’absurdité de la situation grâce à un humour qui aide à souffler entre les moments forts de tension, la mise en scène se met au service du scénario. Le plaisir est encore renforcé grâce à des seconds rôles au diapason (Bryan Cranston, John Goodman et Alan Arkin, impériaux), qui donnent la réplique à Affleck lui-même, bien plus convaincant que lorsqu’il sauve le monde dans un film à gros budget…

20199908.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x148 Argo dans Espions et espionnage

Ben Affleck, un gars au poil.

Autre élément qui fait suffisamment plaisir pour être souligné, Argo a le bon goût d’être un film américain qui met en avant la CIA sans pour autant tomber dans la bête flatterie des « grands et puissants États-Unis ». Pas de politique ni de jugement donc, on nous y montre avant tout des personnes qui font de leur mieux malgré des institutions en désordre. Avec son « film dans le film », Argo est intelligent, roublard et enthousiasmant. Du cinéma comme on aimerait en voir plus souvent !

 

États-Unis. Thriller, Drame. 1 h 59.

Date de sortie : 7 novembre 2012.

Réalisation : Ben Affleck.

Scénario : Chris Terrio.

Musique : Alexandre Desplat.

Interprètes :

Ben Affleck (Tony Mendez),

Bryan Cranston (Jack O’Donnell),

John Goodman (John Chambers)

Alan Arkin (Lester Siegel)…


  1. Aux portes de Paris écrit:

    Ce film est formidable, c’est l’un des meilleurs films de l’année. On est vraiment pris dans l’action jusqu’au dernier instant. Je ne connaissais pas cette histoire, mais j’ai été totalement emballé. Ben Affleck est vraiment un grand réalisateur.

    Dernière publication sur Aux portes de Paris : COP21

    Citer | Posté 23 octobre 2012, 11 h 20 min

    Répondre

  2. Jambon Jovial écrit:

    Bon je vais un peu casser l’ambiance, je préviens tout de suite.

    Le film se regarde avec plaisir, c’est une certitude. La partie de préparation à Hollywood est assez savoureuse et on sent clairement qu’il s’agissait de l’élément de l’histoire qui intéressait Ben Affleck.
    Le rythme est plutôt bon même s’il y a de ci de là quelques petites baisses de rythmes mais pas dramatiques non plus. Dans la forme c’est pas un mauvais film d’espionnage. C’est pas une révolution du genre non plus, loin s’en faut, mais ça a le mérite d’être sympatoche.

    Là où le bas blesse c’est au niveau de deux éléments.

    Le film est à mon goût rempli de bien trop d’erreurs scénaristiques. Il s’applique à préparer tout un petit tas d’éléments que j’attendais (et espérait en bon spectateur sadique que je suis) comme conflictuels. Mais ils font tous (tous !) pschit ! Alors je connais l’argument du « c’est une histoire vraie et patati et patata » mais bon, ce serait pas la première fois qu’un film romance les choses, non ?
    Le premier, et pas des moindres puisqu’il occupe une grosse partie des sous objectifs du protagoniste (benou chou) et des « invités », sont toutes les caisses qu’ils font autour de ce faux tournage et de ces fausses identités. Ils passent littéralement le film entier à se rendre le plus crédibles possible. *spoiler* Pourtant la logique d’un bon scénar voudrait qu’un petit grain de sable vienne s’immiscer dans tout ça, que le plan ne se passe pas non plus comme prévu, bref, qu’il se passe quelque chose ! Mais non, rien ! Il ne se passe absolument rien hormis un joli (demi) deus ex machina qui vient tout résoudre lorsque le mec le plus flippé de l’histoire devient soudainement l’homme le plus relax de l’univers pour expliquer, en Iranien svp, la raison de leur séjour. Un coup de fil vite expédié plus tard : merci messieurs, bon vol, j’espère que vous avez passé un bon séjour, etc. Finalement ça n’a servi strictement à rien qu’ils se prennent la tête à apprendre par coeur tous ces éléments sur leurs fausses identités. Tout ce que le scénario s’est efforcé à mettre en place précédemment ne connaît absolument aucun paiement ! zéro ! nada ! peau d’zob !
    Et non content de cette grossière erreur le film en remet une couche avec la femme de ménage de l’ambassade. Elle se doute de quelque chose, elle a compris le petit jeu de l’ambassadeur et de ses invités, mince elle va foutre la merde. Non. Bah non, en fait elle est sympa. Apporter une réponse positive à un élément conflictuel n’est pas une erreur, mettre l’eau à la bouche des spectateurs pour ne rien leur donner ensuite, si. Et s’ils tenaient absolument à cet élément les scénaristes n’auraient pas du en plus rajouter le milicien qui lui dit que si elle ment ils la tueront, ça créé encore de l’attente et une attente qui ne connaîtra qu’une résolution très décevante lorsqu’on la voit s’exiler en Irak (oups, mauvaise pioche…).
    Bref tout ce qui est susceptible d’être conflictuel dans cette histoire ne le devient presque jamais et s’il le devient c’est résolu de manière très décevante à mon goût.

    Le second élément, tu en as parlé, c’est, de ton point de vue, l’absence d’angélisme sur la question de l’Amérique avec une grand A. Je ne suis absolument pas d’accord et le film adopte un point vu partisan à mon sens. Evidemment le film montre des institutions en bazar (c’est une constante…) mais montre les hommes et les femmes de ces institutions comme d’authentiques héros. Et le final avec les violons et autres drapeaux étoilés flottants au vent dans une Amérique aux valeurs familiales retrouvées vient clairement se poser en opposition à ce moyen orient peuplé de fous de Dieu.

    Encore une fois j’ai pas foncièrement passé un mauvais moment mais je suis assez dubitatif en ce qui concerne l’enthousiasme général qui accompagne ce film, tu l’auras compris.

    Citer | Posté 9 novembre 2012, 13 h 13 min

    Répondre

Laisser un commentaire

yerlifilmizle |
bellebabystar11 |
Thewalterblog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | A'bou Hartmann
| Leslapinsdelisa
| Cinedays